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Guide pratique · Viager

Vendre ou acheter en viager,étape par étape.

Le viager est une vente dont le prix est payé, en tout ou partie, sous forme de rente versée au vendeur jusqu’à son décès. Il repose sur un aléa et engage les deux parties sur une longue durée. Voici ce qu’il faut savoir à chaque étape, du choix de la formule à la signature chez le notaire.

Ce qu’il faut savoir, étape par étape.

Ce guide présente les règles générales ; votre situation peut appeler des précisions. Le détail des textes en vigueur est sur service-public.gouv.fr.

  1. Étape 1 : Comprendre le viager occupé ou libre

    Le vendeur est appelé crédirentier, l’acquéreur débirentier. En viager occupé, le vendeur continue d’habiter le logement, le plus souvent grâce à un droit d’usage et d’habitation ou à un usufruit qu’il se réserve dans l’acte. En viager libre, l’acquéreur dispose du bien dès la vente : il peut l’occuper ou le louer. Dans les deux cas, la durée des versements dépend de la vie du vendeur : c’est l’aléa du contrat.

  2. Étape 2 : Bouquet et rente

    Le bouquet est la somme versée comptant à la signature ; son montant est libre et il peut même être absent. Le reste du prix est converti en rente, versée le plus souvent chaque mois jusqu’au décès du vendeur. La rente peut être constituée sur deux têtes, pour un couple : elle continue alors d’être versée au survivant, selon ce que prévoit l’acte.

  3. Étape 3 : Estimer la valeur vénale du bien

    Tout part de la valeur vénale, c’est-à-dire le prix auquel le bien se vendrait libre, au comptant, sur le marché de votre secteur. Elle tient compte des ventes réelles de biens comparables, de l’état du logement, de ses extérieurs et de son diagnostic de performance énergétique. Une estimation solide évite une rente déconnectée du marché, au détriment de l’une ou l’autre partie.

  4. Étape 4 : La décote liée à l’occupation et à l’espérance de vie

    En viager occupé, l’acquéreur ne dispose pas du logement tant que le vendeur l’habite : la valeur de ce droit d’occupation est déduite de la valeur vénale. Cette décote dépend de l’âge et de l’espérance de vie du vendeur, ainsi que du loyer que le logement pourrait produire. Le notaire et l’agence s’appuient sur des tables de référence qui évoluent : le calcul se fait au cas par cas.

  5. Étape 5 : L’indexation de la rente

    L’acte prévoit en général une clause d’indexation : la rente est révisée périodiquement, le plus souvent chaque année, selon un indice publié par l’Insee et choisi par les parties. Cette clause préserve le pouvoir d’achat du vendeur sur la durée. Elle doit désigner précisément l’indice, la date de révision et l’indice de référence de départ.

  6. Étape 6 : Répartir les charges et les travaux

    En viager occupé, l’acte fixe qui paie quoi entre le crédirentier, qui habite, et le débirentier, devenu propriétaire. À défaut de précision, les règles du Code civil s’appliquent : l’entretien courant revient à l’occupant, les grosses réparations au propriétaire. En copropriété, l’acte précise aussi la répartition des charges et des travaux votés en assemblée générale ; mieux vaut tout écrire pour éviter les désaccords.

  7. Étape 7 : Protéger le vendeur : clause résolutoire et privilège du vendeur

    Le simple défaut de paiement de la rente ne permet pas, à lui seul, d’annuler la vente : d’où l’intérêt d’une clause résolutoire, qui prévoit la résolution de la vente si la rente n’est pas payée, et le sort du bouquet et des rentes déjà perçus. Le vendeur dispose en outre du privilège du vendeur, devenu hypothèque légale spéciale du vendeur depuis la réforme du droit des sûretés : inscrit sur le bien, il le suit en cas de revente.

  8. Étape 8 : Signer l’acte authentique chez le notaire

    Comme toute vente immobilière, le viager est conclu par acte authentique chez le notaire, qui vérifie la situation du bien et la capacité des parties. L’acquéreur non professionnel d’un logement dispose, après l’avant-contrat, d’un délai de rétractation de dix jours. Les frais d’acquisition sont à sa charge ; ils se calculent sur le prix, bouquet et valeur de la rente compris.

Les documents à réunir

Le notaire les demandera aux deux parties : les réunir tôt permet de fixer la décote et la rente sans attendre.

  • Pièces d’identité et actes d’état civilLa date de naissance du vendeur, et de son conjoint pour une rente sur deux têtes, entre dans le calcul.
  • Titre de propriétéL’acte d’acquisition ou l’attestation de propriété du vendeur.
  • Dossier de diagnostics techniquesLes mêmes diagnostics que pour une vente classique.
  • Documents de copropriétéRèglement, procès-verbaux d’assemblée générale, appels de charges.
  • Dernier avis de taxe foncière
  • Estimation de la valeur vénaleÉtablie à partir des ventes réelles du secteur.
  • Relevé d’identité bancaire du vendeurPour le versement de la rente.
  • Justificatifs de financement de l’acquéreurPour le bouquet et pour la rente sur la durée.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si le vendeur décède peu après la vente ?

La vente reste acquise et le versement de la rente s’arrête : c’est l’aléa du viager. Le Code civil prévoit une exception : le contrat est sans effet si le vendeur décède, dans les vingt jours de la signature, d’une maladie dont il était atteint à cette date.

Et si l’acquéreur décède avant le vendeur ?

L’obligation de payer la rente fait partie de sa succession : ses héritiers doivent continuer les versements, ou s’entendre avec le vendeur sur une autre solution.

L’acquéreur peut-il revendre le bien ?

Oui. Il reste toutefois tenu de la rente, sauf accord du vendeur, et les droits inscrits au profit du vendeur suivent le bien. En viager occupé, le nouvel acquéreur doit respecter le droit d’occupation du vendeur.

Le vendeur peut-il quitter le logement en viager occupé ?

Oui. L’acte peut prévoir une clause de libération anticipée : si le vendeur quitte définitivement le logement, par exemple pour un établissement spécialisé, la rente est majorée selon les modalités prévues.

La rente viagère est-elle imposable ?

Une partie de la rente est soumise à l’impôt sur le revenu. Cette fraction dépend de l’âge du vendeur lors du premier versement ; les règles détaillées sont sur service-public.gouv.fr.

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